Tout le monde connait La Panthère Rose (la série de dessins animés), ce que l'on sait moins c'est qu'à l'origine il ne s'agissait que d'un générique de film. De 1964 (date du premier épisode entièrement dédié au personnage) à 1980, plus d'une centaine de courts métrages ont vu le jour.

• LES ORIGINES •
Lorsqu'en 1963, Blake Edwards apporte les dernières finitions à son film
La Panthère Rose, il cherche à ajouter un générique animé. Il demande alors à David DePatie et Fritz Freleng de trouver ce qui pourrait le mieux personnifier le diamant "panthère rose" qui est au coeur de l'intrigue du film. Quelques croquis et story-boards plus tard, le petit personnage, encore inconnu, prend vie. Une façon de se mouvoir souple et dansante, de grands yeux expressifs et un sourire enjoleur. Mais ce n'est qu'avec la musique si caractéristique de Henry Mancini que sa personnalité prend toute sa dimension.
La combinaison des traits de caractère de la panthère et de la musique fonctionne de manière si complémentaire et homogène que lorsque le générique apparaît à l'écran, le public est conquis.

En réponse à la demande croissante du public pour de nouvelles aventures, United Artists demande à David DePatie et Fritz Freleng de produire un court métrage entièrement dédié à ce nouveau personnage. En 1964, le tout premier épisode titré
La Panthère Rose : La Vie en Rose est présenté en première partie du film de Billy Wilder Embrasse-moi idiot. Succès immédiat. United Artists étend alors sa sortie à travers tout le pays en première partie de tous ses films majeurs. Et la même année, La Panthère Rose : La Vie en Rose reçoit l'Oscar du meilleur court métrage d'animation. Une légende est née !

• À PROPOS DES COURTS MÉTRAGES •
Le coffret, composé de quatre DVD, rassemble 124 dessins animés de
La Panthère Rose (réalisés de 1963 à 1980) en version originale sous titrée, lorsque ceux-ci ont une bande son dialoguée. En général, et cela est surtout valable pour la panthère rose, les personnages ne parlent pas. À une exception près dans un épisode de 1965, Pantière à Panthère, qui est le seul dessin animé dans lequel la panthère rose parle.
D'ailleurs les films les plus bavards sont sans doute les moins intéressants de la série. Il est étonnant de constater que sur certains épisodes (très peu heureusement) des rires interviennent après chaque gags. C'est totalement inutile et incongru, dénaturant complètement les épisodes concernés.

À l'origine, la panthère rose n'avait pas tout à fait le look qu'on lui connait. Il suffit de regarder le générique de chaque épisode (qui est tiré du générique du premier film de la série de Blake Edwards) pour s'apercevoir de quelques différences : elle a des griffes, qui ont disparues dans les dessins animés, elle se tient quelques fois à quatre pattes et sa gestuelle avec son fume cigarette est plus proche d'une star de cinéma que du réel personnage qui va émerger en 1964. Le DVD n°4 propose en bonus de voir tous les génériques de début des films de Blake Edwards.

Les animateurs donnent très vite à leur personnage cette sophistication et ce style désabusé si reconnaissable. Ces déplacements (à la verticale) sont un subtile mélange de félin (pour la souplesse) et de femme (pour les déplacements). Il suffit de d'observer sa démarche dansante dans certains passages.
Tout autour, les décors sont sobres et complètement au service de la panthère rose (un peu à la manière des Tex Avery), tandis que les autres personnages (humains ceux-là) ont un graphisme moins élaboré, rond et sans couleur. Celui qui revient le plus souvent, et quelques-fois en plusieurs exemplaires, est très inspiré du personnage de Peter Sellers, l'inspecteur Clouseau.

Chaque court métrage dure environ 6 minutes et si tous ne sont pas des chefs-d'oeuvre, certains sortent du lot comme, entre autres,
La Vie en Rose, La Panthère et le Moustique, La Panthère Magicienne.

Texte, A. Boriginal
© SaisonsDuCourt (avril 2005)