 | L'ÎLE AUX FLEURS (Ilha Das Flores) un film de Jorge FURTADO
BRÉSIL 1988 Docu-fiction Couleur 12'00
L'HISTOIRE : À travers le parcours d'une tomate, le film propose un enseignement didacto-cinématographique sur les dérapages qui apparaissent dans une société dite moderne, lorsque l'être humain n'est plus prioritaire.
À PROPOS DU FILM : (DOCUMENTAIRE / SOCIÉTÉ / HUMOUR NOIR) Rare sont les films qui marquent véritablement les esprits et qui, dans le temps, restent toujours d'actualité. Cela l'est d'autant plus lorsqu'il s'agit d'un court métrage. Et là, L'Île Aux Fleurs frappe très fort dans notre subconscient d'être humain dénaturé, vivant sur une toute petite planète que l'on détruit consciencieusement. De par sa structure narrative, ce court métrage de 12 minutes se situe à la frontière entre le documentaire et la fiction, entre l'étude ethnologique et la science-fiction. En effet, le décalage entre la voix-off qui suit et décrit étape par étape le long parcours d'une tomate jusqu'à sa décomposition finale, et le mode de fonctionnement d'un monde en pleine déliquescence, donnent à penser que cet "aperçu du monde", de notre monde, est vu par des êtres supérieurs qui analyseraient la triste condition humaine. Sérieux, mais pas ennuyeux, rythmé et plein de bon sens, parfois drôle (même si l'on rit jaune), ce film laisse le spectateur quelque peu démuni face à un constat d'échec de notre soi-disant civilisation hautement développée ! Dans un gros plan que la magazine Bref (N° 52 - 2002) lui a consacré, le réalisateur Jorge Furtado explique l'origine de son film : "L'Université fédérale voulait faire un film sur le traitement des déchets. Je suis donc allé voir les endroits à Proto Alegre par où cheminent les ordures et j'ai vu la scène suivante : des enfants qui faisaient la queue pour trier dans les tas d'immondices de quoi manger. J'ai alors proposé à l'Université de faire un film sur ce que j'avais vu. Pendant des mois j'ai essayé d'écrire le texte qui trduisait mon malaise... Je voulais un texte, comme un message envoyé à Pluton, comme pour expliquer la situation à une personne qui ne connaitrait pas la différence entre une poule et un être humain..." Le film s'achève sur une phrase de Cecilia Meirelles : "Liberté est un mot que le rêve humain alimente. Il n'existe personne qui l'explique et personne qui le comprenne."
Ce film a reçu plus de dix-sept récompenses à travers le monde dont les plus prestigieux sont "L'Ours d'Argent" au Festival de Berlin en 1990 ainsi que que le "Prix de la Presse" et le "Prix du Public" au Festival International de Clermont-Ferrand en 1991.
FICHE TECHNIQUE : Scénario : Jorge Furtado Image : Roberto & Sergio Amon Montage : Giba Assis Brasil Musique : Geraldo Flach Production : Casa de Cinema Interprétation : Julia Barthe, Paulo José, Ciça Rekziegel.
FILMOGRAPHIE : Jorge Furtado a réalisé plusieurs courts métrages dont Temporal (1984), Barbosa (1988), A Matadeira (1994), Le Sandwich (2000) ainsi que deux longs métrages dont L'Homme Qui Copiait (2002). |  | |